Cyberdark

Introduction

Cyberdark, un jeu italien compatible avec Shadowdark, combine action OSR, horreur numérique et esthétique rétro inspirée des OAV des années 90 (Cyber City Oedo 808, que de bons souvenirs). Dans la lignée de Cyberpunk et Shadowrun, les joueurs incarnent des darkrunners, mercenaires, hackers et survivants, confrontés à un monde ravagé par les mégacorps et un réseau maudit appelé le Cyberdark. Ce réseau, véritable abîme numérique, abrite des IA démoniaques et des glitches, des fragments de code corrompu qui agissent comme des sorts instables. L’univers évoque les ruelles de Night City, mais avec une dimension horrifique et métaphysique : ici, la technologie n’est pas seulement un outil, elle est une malédiction.

L’intérêt de Cyberdark est de proposer une motorisation OSR pour un univers cyberpunk, offrant une alternative rapide et létale aux systèmes plus complexes comme Shadowrun ou Cyberpunk RED.

Kickstarter de Cyberdark créé par Lightfish Games
Youtube - Quick preview de la châine The Gaming Gang

Une nouvelle édition en bluray d'Cyber City Oedo 808 est disponible, pour se replonger dans l'ambiance.
En version collector

Format et mise en page du Quickstart

Le quickstart Cursed Code / The HALO se présente comme un livret dense mais clair, fidèle à la philosophie OSR : concision, efficacité, lisibilité. Les règles tiennent en quelques pages, les classes sont immédiatement jouables, et la création de personnage se fait en une poignée de jets de dés. Le texte est structuré pour guider le joueur pas à pas, sans surcharge technique. On y retrouve la simplicité de Shadowdark, mais transposée dans un univers cyberpunk où chaque ligne de code peut devenir une arme ou une malédiction. L’ensemble est pensé pour des parties rapides, brutales, où la survie prime sur la planification.

Cyberdark

Format et direction artistique des livres du Kickstarter

Les retours des contributeurs sur Kickstarter montrent un enthousiasme constant pour la qualité matérielle et la mise en page des livres de Cyberdark. La proposition semble prometteuse. Les échanges avec l’équipe de Lightfish Games confirment que le projet accorde une attention particulière à la fabrication, notamment pour l’édition Red du livre de base, souvent décrite comme magnifique et somptueuse par les contributeurs. Les créateurs insistent sur leur volonté de livrer des ouvrages aboutis, même en pré‑release, ce qui explique certains délais supplémentaires. Cette exigence se retrouve dans la structure même des ouvrages annoncés : un corebook complet, des zines thématiques qui étendent l’univers sans le fragmenter, et une mise en page pensée pour être à la fois lisible, immersive et fidèle à l’esthétique OSR modernisée. Les commentaires soulignent également la clarté de l’organisation interne, la cohérence entre les différents supports et la volonté des auteurs de proposer des livres solides, élégants et adaptés à une utilisation intensive en jeu.

Cyberdark

Si on se base sur les photos et les visuels disponibles sur la page du Kickstarter, on peut constater le soin apporté au design général des ouvrages et la qualité de la création graphique. Cela donne vraiment envie de faire un Late pledge. Les commentaires du Kickstarter mettent d'ailleurs en avant un véritable coup de cœur collectif pour la direction artistique de Cyberdark. Les contributeurs évoquent souvent la force du noir et blanc, la densité des contrastes mais aussi cette esthétique nerveuse qui rappelle les OVA cyberpunk des années 90. Plusieurs contributeurs parlent d’un style unique et magnifique, on ne peut pas leur donner tort. C'est effectivement merveilleusement stylisé, et certains expliquent même avoir soutenu le projet principalement pour son identité visuelle. Les illustrations, souvent décrites comme sombres, granuleuses et saturées de tension, donnent au jeu une personnalité immédiatement reconnaissable. Elles traduisent un monde où la technologie est omniprésente mais jamais rassurante, où les silhouettes augmentées se découpent dans des ruelles noyées de pluie et de néons.

Cette direction artistique, saluée dans les commentaires comme l’un des points forts du projet, renforce l’immersion et donne à Cyberdark une identité visuelle qui le distingue nettement des autres jeux cyberpunk contemporains.

Mécaniques et règles

Cyberdark repose sur une base Shadowdark avec son système d20 rapide, létal et sans artifices, où chaque jet oppose directement le personnage à une difficulté et où l’avantage ou le désavantage suffit à moduler la tension. La création de personnage est volontairement expéditive, il suffit de quelques jets de dés, un choix d’origine, de classe et d’équipement, et le darkrunner est prêt à arpenter les ruelles du Meatgrid ou à plonger dans le Cyberdark. Cette simplicité permet de lancer une partie en quelques minutes, tout en donnant aux personnages une identité immédiatement lisible.

Comme dans Shadowdark, les combats sont conçus pour être rapides, brutaux et sans concession, dans la pure tradition OSR. Le système repose sur un jet d20 contre la classe d’armure adverse, et les armes, qu’elles soient balistiques, énergétiques ou de mêlée, infligent des dégâts simples mais meurtriers, souvent suffisants pour renverser un affrontement en un instant. Le quickstart rappelle que les armes standard infligent 1d6 de dégâts, ce qui, combiné à la faible réserve de points de vie des darkrunners, rend chaque échange de tirs potentiellement fatal.

Les classes définissent les types d’armes maîtrisées, et les talents qu’elles accordent modifient subtilement la manière d’aborder un combat. Les Breakers misent sur la puissance brute, les Slicers sur la mobilité et la précision, les Codecasters sur la manipulation du code pour altérer le champ de bataille, tandis que les Synthsmiths renforcent leur efficacité grâce à leurs créations cybernétiques. Les talents, qu’ils proviennent de l’origine, de la classe ou des jets de progression, façonnent la personnalité mécanique de chaque personnage et s’additionnent lorsqu’ils sont obtenus plusieurs fois, permettant d’affiner un style de jeu sans jamais alourdir le système.

Le jeu introduit également les Mine-Canary Firewalls, véritables torches numériques qui protègent temporairement les darkrunners lorsqu’ils s’aventurent dans le Cyberdark. Leur extinction progressive marque le moment où les IA hostiles commencent à remonter la trace des intrus, transformant chaque incursion en course contre la montre.

Le Codecasting, quant à lui, remplace la magie traditionnelle. Une nouvelle fois, cela m'évoque la magie dans le jeu The Laundry, qui repose sur des équations, des algorithmes, des protocoles informatiques et des modèles mathématiques capables d’ouvrir des portails, d’invoquer des entités ou de manipuler la réalité. Dans Cyberdark, les Codecasters manipulent des fragments de code instable, les glitches, capables de déformer la matière, la perception ou la chair, au prix d’un risque constant de corruption.

Conclusion

Si Cyberdark tient ses promesses, ce RPG pourrait s'imposer comme une relecture audacieuse du cyberpunk. Là où Shadowrun mêle magie et technologie dans un cadre foisonnant, Cyberdark choisit un monde réduit à sa substance la plus noire, où le code devient sortilège et où la machine dévore l’humain. Compatible avec Shadowdark, il offre une alternative minimaliste et viscérale aux grands classiques du genre. À cela s’ajoute une direction artistique d’une rare cohérence, saluée par les contributeurs pour son noir et blanc tranché, son esthétique nerveuse et le soin évident apporté à chaque visuel. Les livres présentés sur le Kickstarter témoignent d’un véritable travail graphique, où chaque page semble pensée pour renforcer l’immersion et affirmer l’identité du jeu. Cyberdark est un jeu pour ceux qui aiment le danger, la vitesse et la beauté du chaos numérique, un cyberpunk où l’ombre n’est pas seulement un décor, mais une entité vivante.


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Découvertes jeux de rôle

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