Sins of the father - La revue rapide
L’auteur est Eloy LASANTA, c’est un podcaster et un créateur de jeu prolixe aux États Unis. Son livre a été édité en VO chez Third Eye Games en 2016, et il a été nominé aux ENnies 2017 dans la catégorie « Meilleur jeu » ! En France, la traduction a été éditée par Barbu Inc. en mars 2020. Pour cette gamme il existe quelques PDF de supplément et un livre compagnon financé en 2019 mais qui n’a pas de VF à l’heure où sont écrites ces lignes. J’ai profité de cette review pour demander à l’éditeur français s’il prévoyait une suite en VF de cette gamme, mais je n’ai pas de réponse.
Le livre
Sins of the Father est un standalone sous la forme d’un livret de 92 pages en couverture souple, tout en N&B et pour 15€ dans sa VF. Les illustrations, en nombre, font penser à de la bande dessinée US. Concernant la présentation, elle est plutôt aérée, bien que certaines pages, plus denses, soient en plus petits caractères que les autres. Mais rien d’insurmontable, même pour un vénérable ancêtre. Il y a peu a dire sur la forme, c’est simple, efficace, sans fioriture et ça se lit facilement.
Le thème
Ici vous héritez de la dette d’un aïeul ou d’un parent plus proche, décédé prématurément ou devenu inutile, il vous laisse en héritage la conséquence d’un pacte démoniaque. Celui-ci a pu porter sur la richesse, la vengeance, de l’amour, … mais en échange il faut faire le sale boulot du ‘bienfaiteur’. Et présentement, c’est votre tour de solder la dette de votre parent, dont le contrat a peut-être été aussi un peu trompeur. D’ailleurs durant les missions, le Sombre Seigneur, et votre Maître des Âmes (le MJ) s’arrangent pour que vous vous endettiez un peu plus… Un Sombre Seigneur peut même revendre l’âme de ses damnés (les PJ) a un autre sombre seigneur.
L’action se déroule de nos jours et les PJ sont des gens ordinaires… quoiqu’un peu névrosés. Et avec de la famille ayant pactisé avec un Sombre Seigneur, ça peut se comprendre. Mais ils ont aussi accès à des dons hérités du pacte qui vont les aider… ou les faire basculer un peu plus. Car il faut bien le dire solder la dette sera plus que compliqué !
Les mécaniques
Le système est basé sur un jeu de 54 cartes plutôt que sur les dés habituels. Chaque joueur a son paquet et le Maître des Âmes en a deux pour éviter que les Damnés ne comptent les cartes. Pour une action le Maître des Âmes défini un niveau de difficulté, par exemple 2 pour une action moyenne, et tire donc deux cartes puis choisi celle dont la valeur va indiquer le seuil à dépasser pour réussir l’action. Le damné peut piocher un nombre de carte qui va jusqu’au chiffre de sa compétence pour réussir a tirer celle qui va atteindre le seuil. Mais plus ils piochent et plus il s’épuise. Et pour retrouver des cartes, celles de la défausse, il faudra s’endetter… encore.
En plus des cartes, ou de la dette a mettre a zéro, il y a d’autres bonnes trouvailles comme les jokers dans la gestion des conflits ou les blessures sur les compétences. Le système est simple et fait de petites astuces rafraîchissantes.
Quant à la création des personnages, elle tourne autour d’un péché originel, tiré aux cartes, et des traits qui correspondent aux péchés capitaux auquel va correspondre une vertu… Une idée qui va rappeler Pendragon et ses traits de personnalité avec des jets de résistance pour aller contre sa nature. Il y a aussi 4 caractéristiques ,où liens avec le péché, qui sont les 4 couleurs du jeu : Le cœur pour la passion et la folie, le pique pour la ténèbre et la corruption, le carreau pour l’influence et la manipulation, puis le trèfle pour le chaos et l’hostilité. Puis il y a 10 compétences avec 3 niveaux d’expertise qui vont de ‘convaincre a ‘combattre’ en passant par ‘passer inaperçu’. A noter qu’il y a aussi un système de relation intéressant dans sa mécanique pour le roleplay.

Des conseils
On trouve de nombreuses, et pertinentes suggestions au MJ pour créer des scenarii spécifiques qui tourneront autour des fameux péchés capitaux. Il y a en plus, pour une prise en main rapide, des feuilles de figurants et de sombres seigneurs pré-tirés… mais aussi la méthode pour les créer. Ici pas de bestiaire spécifique, car ce n’est pas vraiment un jeu à stat-block, le narratif du Maître de Âmes prime.
Enfin le livre s’achève par un scenario d’initiation, « le jour du homard », où les damnés tenteront d’accomplir la volonté de Mister White, leur sombre seigneur, au sein d’une petite ville portuaire d’Amérique du nord dans le Maine… Ça commence par une enquête sur un massacre plutôt gore dans un diner miteux. Puis ils découvriront rapidement que la situation est plus compliquée que Mr White le laissait entendre... avec quelques choix moraux à la clé. Très bien pour entrevoir la tonalité de ce que l’on peut faire avec Sins of The Father.
La conclusion
Les sujets abordés à travers le pêcher pourraient être gênants pour certains rôlistes, et donc c’est un jeu adulte. La résolution des actions avec les cartes, est bien gérée et facile à assimiler… Et franchement on ne regrette pas les dés ! Le jeu a un gros potentiel dans ses scenarii, qui peuvent glisser du gore à de l’humour grinçant et à des choix moraux. Ça fonctionne autan en oneshot qu’en campagne où la gestion de la dette sera peut-être plus serrée.
On aimerait des extensions, la traduction du compagnon par exemple, ou même un écran de la même veine graphique que les illustrations.
Fabrice